Du 23 Février au 4 Mars 2023

Dieu sur terre
Musiques


  • Athénée
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Dieu sur terre

Textes et musique : Thomas Fersen

Mise en scène : Jessica Dalle, Benjamin Lazar

 

Ce garçon a pris de plus en plus de place dans les concerts de Thomas Fersen.

« Indécrottable ado, nonchalant et paresseux », comme le décrit le chanteur de la Chauve-Souris, il se glisse entre les chansons, distille au public des monologues en vers, « entre fable, conte, farce, poème » et transforme les tours de chant en spectacle. Qui donc ? Le double de Thomas Fersen, son frère, Dieu sur Terre comme il le surnomme, le personnage « qui déambule dans [s]es albums depuis trente ans ». Alors Fersen a pris le temps de se balader avec lui : « J’imaginais qu’il tenait son journal, à la fin des années 60 dans le quartier de Ménilmontant. C’est devenu un roman de 200 pages. »

Sur la scène de l’Athénée, le chanteur se fait aussi comédien et utilise ces textes intercalaires pour nourrir son spectacle, « un long monologue parlé et chanté, où des extraits du livre viennent donner un éclairage inédit aux chansons les plus connues », leur apportant un relief particulier au sein d’une histoire plus large. Benjamin Lazar, qui avec Jessica Dalle met en scène le spectacle autour de Fersen et de trois musiciens (Cécile Bourcier (violon), Maryll Abbas (accordéon) et Pierre Sangrã (guitare, mandoline) en alternance avec Pavel Andaero), voit dans ce type d’interventions un écho « au razo du Moyen-Age », ces textes qui permettaient d’expliquer un poème, et considère Fersen « comme un troubadour venant raconter ses histoires ».

Pour ce qui n’est « ni un concert ni non plus un seul en scène », continue Lazar, il va falloir « trouver le bon ton ». Peut-être passera-t-il par la recherche d’images intérieures : « Benjamin développe une fantaisie dont je me sens proche, conclut Fersen. Il refuse tout ce qui contraint le jeu, rejette l’image figée, privilégie la performance. Il existe dans son travail une tentative de montrer l’invisible dans l’espace théâtral. »