Du 20 Septembre 2022 au 23 Janvier 2023

Exposition Musicanimale – Le Grand Bestiaire Sonore
Arts & Architecture


  • Philharmonie de Paris
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Exposition Musicanimale – Le Grand Bestiaire Sonore

La biodiversité est menacée, c’est entendu. Et nous commençons sérieusement à l’entendre. Lorsque l’on réalise qu’en 50 ans, 50 % des sons du vivant auraient disparu, ne devient-il pas crucial d’écouter et de capter ces chants, et plus largement de contribuer à la prise de conscience sur la nécessité de préserver le vivant dans sa diversité ? Un an après l’exposition Salgado Amazonia (2021), qui déjà sensibilisait le public à la richesse du patrimoine naturel et sonore de la forêt amazonienne, la Philharmonie de Paris fait résolument de ces questions l’un des pivots de la saison 2022-2023. Une réflexion menée sur tous les fronts : grand cycle de concerts, colloque, forum, Nuit Blanche dédiée aux «Natures sonores», initiatives pédagogiques, parcours bioacoustique dans la Philharmonie des enfants, sans oublier l’exposition Musicanimale. Le Grand Bestiaire sonore.

 

À mi-chemin entre l’art et la science, Musicanimale tend l’oreille vers le vivant. Vocalises d’oiseaux, stridulations d’insectes, chants mélodiques de baleines, improvisations miaulées, hurlements chorals de loups : cette exposition fait non seulement entendre les sons d’une quarantaine d’espèces, mais elle montre, à travers un parcours de 150 œuvres et objets d’art, combien ils fascinent et inspirent, combien ils suscitent de poésies visuelles et sonores.

 

Depuis toujours, l’homme s’est confronté aux voix animales pour les étudier, les reproduire, les transcrire ou les transfigurer. D’innombrables bestiaires jalonnent ainsi l’histoire de la musique, de Rameau à Saint-Saëns ou Pierre Henry. De nombreux instruments, appeaux, serinettes ou flageolets d’oiseaux, empruntent aussi aux animaux leurs formes et leurs matières, ou cherchent à en imiter les sons. Tandis qu’abondent, à travers les siècles, les iconographies et récits qui poétisent le lien des hommes aux animaux, comme les Musiciens de Brême, ou encore Papageno, célèbre homme-oiseau de La Flûte enchantée de Mozart.

 

 

Ouvert par un grand Concert d’oiseaux, le parcours de l’exposition dessine un abécédaire réjouissant pour les petits et les grands. Entre imagier vagabond et cabinet de curiosité, chaque lettre fait référence au règne animal (Coq, Insectes, Loup…) ou à des objets emblématiques (Appeaux, Coucous, Sonnailles…). Chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art côtoient installations immersives et commandes à de grands artistes, comme Bernie Krause et Tomás Saraceno. Enfin, plusieurs immersions plongent le visiteur dans des écosystèmes saisissants, des fonds marins habités par le chant des baleines à bosse aux nuits bruissantes du Kenya.

 

Réintroduire l’homme dans la symphonie du vivant, c’est affirmer enfin qu’il peut y avoir une interaction musicale entre humains et non-humains, et contourner ainsi les conceptions occidentales séparant les deux règnes. Pour restituer avec justesse ces formes d’écoute du vivant, l’exposition bénéficie de partenariats avisés, avec le Museum national d’Histoire naturelle et avec le Musée d’ethnographie de Genève. Nos forces combinées composent un parcours qui tente d’équilibrer les régions du monde représentées et qui, espérons-le, suscitera cette émotion : « Quand on entend le chant [animal], on se sent appartenir à ce destin commun des vivants de la terre » (Baptiste Morizot).