Du 21 Décembre au 23 Décembre 2018

Marivaux : LE TRIOMPHE DE L’AMOUR
Théâtre


  • OPERA ROYAL DE VERSAILLES
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Marivaux : LE TRIOMPHE DE L’AMOUR

Marivaux regarde de tout près comment agit le désir amoureux : d’où ça part, ça monte, comment ça vient aux lèvres, comprimé, réprimé, comment ça se trahit d’une manière ou d’une autre, comment ça éclate. C’est l’aveu impossible et qui jaillit pourtant. Un tout petit mot, un petit rien, et ce petit rien fait vaciller le monde. Il regarde ce rien opérer dans la langue elle-même. C’est une maladie, une contagion. Dans un certain éclat d’esprit, apparemment enjoué, s’entend une effroyable violence du cœur. Le Triomphe de l’Amour est un saccage, une hécatombe.

 

Le langage est le champ de bataille, le langage fait enrager la bête en voulant lui donner forme raisonnable, le langage la nourrit et décuple ses forces. L’homme ou la femme qui aime se transforme en monstre, séduit et fait peur, bouleverse, affole, laisse l’autre exsangue. Il n’y a pas d’amour heureux : l’amour-propre, l’orgueil humain, l’inconscient, conduisent le cœur et se jouent de la raison.

 

On comprend que certains grands personnages de Marivaux, soucieux de paix, de bienveillance, de lettres aussi, renoncent délibérément à l’amour, s’en écartent, fondent une petite société à part de ses dangers et de ses charmes.

 

J’aime la figure du philosophe à l’écart. Hermocrate a constitué une petite société organisée philosophiquement selon ses principes. On y jardine, on y fait de la musique, on y lit, on y boit et mange, mais on n’y aime point. L’utopie d’Hermocrate tient à ce renoncement. L’harmonie règne au prix d’une mutilation. La princesse Léonide, travestie en homme sous le nom de Phocion, arrive innocemment. Elle ne connaît pas non plus l’amour. Prise au jeu, inconsciente de la maladie qu’elle propage dans le jardin philosophique, elle mène simultanément trois conquêtes amoureuses avec autant de virtuosité que d’innocence. Hermocrate, sa sœur Léontine et le Prince Agis succombent, non parce qu’ils ont affaire à une femme diabolique, mais à l’Ange, à l’Amour en personne, qu’ils avaient cru chasser du jardin.

 

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Denis Podalydès

 

Production : C.I.C.T. – Théâtre des Bouffes du Nord Coproducteurs associés : Opéra Royal / Château de Versailles Spectacles ; Maison de la culture d’Amiens ; Les Théâtres de la Ville de Luxembourg ; Théâtre de Liège ; Châteauvallon – scène nationale ; Printemps des Comédiens/Montpellier ; TNT–Théâtre National de Toulouse Coproduction : Théâtre du Gymnase / Marseille ; La Criée – Théâtre National de Marseille ; Théâtre de Nîmes, scène conventionnée d’intérêt national pour la danse contemporaine ; Espace Jean Legendre, Théâtre de Compiègne ; Théâtre de Caen ; Théâtre Le Forum / Fréjus ; DC&J Création Avec le soutien du Tax Shelter du Gouvernement fédéral de Belgique et de Inver Tax Shelter Construction des décors : Les Théâtres de la Ville de Luxembourg Confection des costumes : Théâtre de Liège