Un Casse-Noisette
Création 2026
Jean-Claude Gallotta chorégraphie
Mathilde Altaraz assistante à la chorégraphie
Piotr Ilitch Tchaïkovsky musique
Claude-Henri Buffard textes et dramaturgie
Jeanne Dard scénographie, assistée de Manuel Bernard, Benjamin Croizy, Anne Bonora
Manuel Bernard lumières, assisté de Benjamin Croizy
Jacques Schiotto et Anne Bonora costumes
Jérémie Pontin photographies
Axelle André, Naïs Arlaud, Alice Botelho, Ibrahim Guétissi, Fuxi Li, Bernardita Moya Alcalde, Gaetano Vaccaro et Thierry Verger
Au commencement, l’espace est donc vide, et mieux que vide, désossé, ouvert sur ses propres murs, avec peut-être quelques accessoires encore, oubliés sur le sol, mais toute entier libéré des vestiges des mille spectacles qui l’ont habité, n’en gardant sûrement que l’écho et la furieuse envie de se repeupler. Puis, danseuses et danseurs viennent en prendre possession. Que sont-ils venus faire ? recommencer. Tout. Réinventer les gestes premiers desquels, plus tard, naitra l’oeuvre achevée. On a eu beau leur dire que ce n’est pas une mince affaire, que ça porte le nom de gageure, ils entreprennent, têtus, d’organiser sur la scène des moments de bonheur, à leur façon, comme des pieds-de-nez à l’époque désabusée, des moments plus gais, plus libres, plus fous, plus candides aussi, plus music-hall, plus Noël pourquoi pas. Bien sûr, le castelet qu’ils installent, avec ses trois lampions, n’est encore que la préfiguration d’un monde, mais il faut bien l’imaginer pour qu’il existe un jour, ce monde, qui existera, c’est sûr, ça se lit dans leurs yeux, leurs joies et leurs mollets. Sur l’écran en noir et blanc, un homme attendrissant s’essaie à la magie. Sur la scène, pendant ce temps, danseuses et danseurs font de même, à bras, jambes et mains nues, sans artifices, ils esquissent le tableau éphémère d’une humanité qui veut encore en elle, dût-elle s’aider du rêve, mais pas trop loin de la réalité toutefois, juste ce qu’il faut pour donner du sens au joli mot d’espérance.
C.-H.B.
